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Musique elfique
Bien des légendes elfiques, récentes comme tardives, mentionnent l'omniprésence de la prose et des vers dans la culture de Miel-de-nuit, mais durant plus de 6 000 ans, aucune de ces chansons n'a pu sortir de l'île dite des "merveilles". Depuis l'intégration du royaume au sein de la grande Alliance, et depuis sa vassalisation avec le Royaume de Stromgarde, Miel-de-nuit est devenue très active auprès de son peuple, faisant de leur grand mieux pour unifier les Quel'doreis sous une même enseigne, afin de permettre la reconstruction de leur peuple, et favoriser la "reprise de ce qui fut perdu ou dérobé".

Bien des émissaires et soldats arpentent à présent la Forêt d'Elwynn, principalement concentrés dans le Campement des réfugiés de l'Honneur, situé au Sud du Comté de l'or, sous la direction de la Princesse de Miel-de-nuit, Elzana Dal'nië.

Depuis l'arrivée des elfes de Miel-de-nuit sur les terres de Sa Majesté, il n'est pas rare d'entendre, autour des feux de camps arcaniques, certaines des chansons clés de la culture de ce peuple mystérieux, généralement au nombre de trois chansons par nuit, chantées aux abords de vingt-trois heure.

Grand nombre de ces chansons ont déjà été répertoriées, et font à présent le tour des foires, après avoir été reprises par certains bardes humains comme elfiques.

Tas'tasiel : L'art d'aimer Modifier

La fille du Marquis Modifier

Le marquis du régent est sur son pont,

Tenant sa fille en son giron,

Elle se voudrait bien marier,

A Arnelion, grand-chevalier.

Ma fille n'aimez point Arnelion,

Car c'est un chevalier félon,

C'est le plus fourbe chevalier,

Qu'Azeroth n'eut jamais porté,

J'aime Arnelion, je l'aimerai,

J'aime Arnelion pour sa beauté.

Plus que ma mère et mes parents,

Plus que cette maudite Lune-d'Argent.

Ma fille, il faut changer d'amour,

Ou vous faudra rejoindre la tour,

J'aime mieux rentrer dans la tour,

Mon père que de changer d'amour.

Et vite, où sont mes estafiers,

Mes geôliers, mes guichetiers,

Que l'on mette ma fille dans la tour,

Jamais elle n'y verra le jour.

Elle y fut bien sept ans passés,

Sans que personne ne put la trouver,

Au bout de la septième année,

Vint aux barreaux un chevalier.

Bonjour, ma mie, comment vous va ?

Hélas, mon aimé, j'entends ses pas,

La mort s'amuse dans cette tour,

En ai déjà le souffle court.

Pour moi est venu ce moment,

Toutes ces années de longs tourments,

Nous reverrons dans l'au-delà,

Jamais mon cœur ne vous chassera.

Hélas, ma mie, n'est point pour vous,

Que la sinistre de la sorte joue,

Je suis venu vous saluer,

Hélas, ma mie, suis décédé.

Jamais n'ai cessé de vous aimer.

Pour mon royaume suis sacrifié,

Et avant vous, vu votre père,

Est fini pour vous ce calvaire.

Les joutes de Château-d'or

Partez-vous pour la foire de Château-d'Or? 

Pacifique, Chardon, Feuillargent... 

Parlez de moi au chevalier du Nord, 

Il fut un jour... mon désir le plus grand... 


Demandez-lui de nous rendre Lune-d'Argent, 

Pacifique, Chardon, Feuillargent, 

Sans faire couler encre, sans faire couler sang, 

Et il sera mon désir le plus grand... 


Demandez-lui de civiliser les trolls, 

Pacifique, Chardon, Feuillargent, 

En leur laissant prier leurs idoles, 

Et il sera mon désir le plus grand... 


Demandez-lui de raisonner Arthas, 

Pacifique, Chardon, Feuillargent, 

Qu'il se confesse sur la sainte place, 

Et il sera mon désir le plus grand... 


Demandez-lui de soustraire sin'doreïs, 

Pacifique, Chardon, Feuillargent, 

A leur gangrène ou à leurs oreilles, 

Et il sera mon désir le plus grand... 


Partez-vous pour la foire de Château-d'Or?

Pacifique, Chardon, Feuillargent... 

Parlez de moi au chevalier du Nord, 

Il fut un jour... mon désir le plus grand... 


Demandez-lui de léguer à nos enfants, 

Pacifique, Chardon, Feuillargent, 

Un royaume stable, un royaume séant, 

Et il sera mon désir grandiloquent... ô grandiloquent... 

Mon désir grandiloquent...


Chaleur platonique Modifier

Je suis pour les chastetés, 

Toutes celles que glissent sous l'oreiller, 

Des incubes aux lèvres abîmées, 

Sur le sexe les jambes repliées, 


Je suis pour les chastetés, 

Ces refus à bouche fermée, 

Qui font du corps vulgaire un corps habillé, 

Et sonnent le glas des vulgarités...


Je suis pour les chastetés, 

Rassurantes fraternités, 

Jet de glace sur ce qui peut brûler, 

Sans le remord de la morsure lancée, 


Je suis pour les chastetés, 

Ce qui se délaisse est cicatrisé, 

Ou saigne en remerciant de saigner,

L'oeil immense sur son silence déposé... 


Je suis pour les chastetés... 

Je suis pour les chastetés... 


La pernette se lève Modifier

La pernette se lève... tralalalalalala, la pernette se lève, 

Trois heures avant le jour, trois heures avant le jour... 

Trois heures avant le jour. 


Elle prend sa quenouillette, tralala lalalala, elle prend sa quenouillette, 

Avec son petit tour, avec son petit tour... 

Avec son petit tour.


A chaque tour qu'elle vire, tralala lalalala, à chaque tour qu'elle vire, 

Pousse un soupir d'amour, pousse un soupir d'amour... 

Pousse un soupir d'amour.


Sa mère lui demande, tralala lalalala... sa mère lui demande, 

Pernette, qu'avez-vous, pernette, qu'avez-vous... 

Pernette qu'avez-vous ?


Avez-vous mal de tête, tralala lalalala... avez-vous mal de tête ? 

Ou bien le mal d'amour, ou bien le mal d'amour... 

Ou bien le mal d'amour. 


N'ai point mal de tête, tralala lalalala... N'ai point mal de tête... 

Mais bien le mal d'amour, mais bien le mal d'amour... 

Mais bien le mal d'amour. 


Ne pleurez point pernette, tralalalalalala, ne pleurez-point pernette,  nous vous marierons, nous vous marierons... 

Nous vous marierons. 


Avec le fils d'un prince, tralalalalalala... avec le fils d'un prince, 

Fidèle au prince Theron, fidèle au prince Theron... 

Fidèle au prince Theron. 


Je ne veux point d'un prince, tralalala-lalala... je ne veux point d'un prince,

Encore moins d'un félon, encore moins d'un félon...

Encore moins d'un félon.


Je veux mon héros Lahière, tralalalalalala... je veux mon héros Lahière, 

Qui sacrifia giron, qui sacrifia giron... 

Qui sacrifia giron. 


Deshonneur, il m'eut évité, tralalalalalala... deshonneur il m'eut évité... 

De son fier bouclier, de son fier bouclier... 

De son fier bouclier.


Il en perdit l'épée, tralalalalalala... il en perdit l'épée, pour toujours me garder, pour toujours me garder... 

Pour toujours me garder. 


Un chevalier il eut attaqué, tralalalalalala... un chevalier il eut attaqué, 

Seulement il vous courtisait, seulement il vous courtisait... 

Seulement il vous courtisait. 


Ce chevalier épouserez... tralalalalalala... ce chevalier épouserez... 

Pour l'affront réparer, pour l'affront réparer... 

Pour l'affront réparer. 


Vous n'aurez point Lahière, tralalalalalala... vous n'aurez point Lahière, 

Demain, nous le pendrons, demain, nous le pendrons... 

Demain, nous le pendrons. 


Si pendouillez Lahière, tralalalalalala... si pendouillez Lahière, 

Pendouillez-moi amont, pendouillez-moi amont... 

Pendouillez-moi amont.


Au jardin des Fougères, tralalalalalala... au jardin des Fougères, 

Et que le noeud soit long, et que le noeud soit long... 

Et que le noeud soit long. 


De roses, couvrez Lahière, tralalalalalala... de roses, couvrez Lahière, 

Et moi d'abulitons, et moi d'abulitons... 

Et moi d'abulitons. 

Tas'sinial : L'art de lamenter Modifier

La complainte du Prince Modifier

Jamais nul prisonnier dira fond du cœur,

A la juste et sans fausse douleur,

Mais peut faire l’effort d’une chanson,

J’ai amis, mais pauvres sont leurs dons.

Déshonneur sur eux si, faute de loyauté,

Finis mes jours ici prisonnier.

Le savent bien, chevaliers comme soldats,

Art'el, Taï'rel, Ael'tan et Sie'ta,

Que jamais je n’eu si pauvre compagnon,

Pour le laisser, sans soutien, en prison.

Ne le dis point pour reprocher,

Mais là suis-je encore prisonnier.

Par delà le fort, je sais parfaitement,

Que prisonniers n'ont ni amis ni parents,

Et s'ils m'abandonnent pour or ou argent,

Terrible pour moi, mais bien pire pour mes gens,

Qui jusque après ma mort se verront blâmés,

S’ils me laissent ici prisonnier.

Je ne m’étonne plus si j’ai le cœur souffrant,

Car l'usurpateur met ma terre en tourment,

Ne semble se souvenir de notre serment,

Que le vrai roi fit delà six-mille ans,

Mais sais bien qu'à la fin de l'année,

Je ne serai plus en ces lieux, prisonnier.

Ils savent bien, Taï'rel ou Art'el,

Ces maisons désormais pieds dans le miel,

Que suis captif, loin d’eux, aux mains des voleurs,

Je l'étais, et ne suis plus dans leur cœur,

Arcs et lances ont déserté les forêts,

Depuis que me voilà prisonnier.

Mes compagnons que j’aimais, que j’aimerai,

Ceux qui virent avec moi les jardins brûler,

Et qui me virent tomber au main de l'autre ennemi,

Quand jamais envers eux, mon cœur ne fut menterie,

Chaque nuitée, avec Mort danserai,

Tant que je serai prisonnier.

Les tambours du Sire


Sire Tiltaniën a fait battre tambour, 

Sire Tiltaniën a fait battre tambour, 

Pour voir toutes ses dames, 

Et la première qui fit le tour,  

Lui a ravi son âme.        

Mon Capitaine, la connais-tu, 

Mon Capitaine, la connais-tu, 

Qui est cette jolie dame, 

Et le gradé a répondu, 

Sire roi, c'est ma femme.  

Mon Capitaine, qu'heureux tu es, 

Mon Capitaine, qu'heureux tu es, 

D'avoir femme si belle,  

Si vous vouliez, l'honneur j'aurais, 

De me lier avec elle.

Sire, est à vous toute la joie, 

Sire, est à vous toute la joie, 

Et toute la puissance, 

Mais si vous n'étiez point mon roi, 

Subiriez ma ven-... 

La chanson n'est jamais allée plus loin, interrompue par un chevalier qui interdit formellement de chanter de nouveau telle chanson. 

Le bal du Pont de l'or


Sur le pont de l'Or, un bal y fut donné, 

Sur le pont de l'Or, un bal y fut donné. 


La belle pernette voudrait bien y aller, 

La belle pernette voudrait bien y aller. 


Ma chère mère, m'y laisserez-vous aller, 

Ma chère mère, m'y laisserez-vous aller ? 


Nenni pernette, vous n'irez point danser,  

Nenni pernette, vous n'irez point danser.  


Gagna sa chambre et se mit à pleurer, 

Gagna sa chambre et se mit à pleurer. 


Son frère la vit de son bateau doré, 

Son frère la vit de son bateau doré. 


Ma soeur, ma soeur, qu'avez donc à pleurer, 

Ma soeur, ma soeur, qu'avez donc à pleurer ? 


Mère ne veut point que j'aille au bal danser, 

Mère ne veut point que j'aille au bal danser. 


Mettez robe blanche et belle ceinture dorée, 

Mettez robe blanche et belle ceinture dorée. 


Et les voilà partis au bal danser, 

Et les voilà partis au bal danser. 


Elle fit trois tours, le pont s'est effondré,

Elle fit trois tours, le pont s'est effondré.


La belle pernette dans bassin est tombée,

La belle pernette dans bassin est tombée.


Mon cher frère, me laisserez-vous noyer,

Mon cher frère, me laisserez-vous noyer ?


Nenni, ma soeur, je vais vous retirer,

Nenni, ma soeur, je vais vous retirer.


Dans l'eau se jette, et les voilà noyés,

Dans l'eau se jette, et les voilà noyés.


Toutes les cloches se mirent à sonner,

Toutes les cloches se mirent à sonner. 


Toute la famille fut à jamais brisée, 

Car demoiseaux étaient bien obstinés 

Le mariage arrangé de Château-d'or


C'est le Prince Artinett, 

qui se va marier; 

Prend femme tant jeunette, 

ne sait point s'habiller. 


Mais lors des victuailles, 

sire Aelwyn l'eut appelé, 

Pour aller en bataille, 

servir sa Majesté : 


« A qui donner ma mie, 

ma mignonne à garder ? 

— Va, va, mon fils cheri , 

je te la garderai. » 


A sa dame mère, 

l'a bien recommandée : 

Tous les jours en prière, 

vous la ferez aller. 


Quand purifiée son âme, 

la ferez déjeuner; 

Avec les autres dames, 

la ferez promener. 


Ne lui faites rien faire, 

ni laver, ni pâter; 

Que filer ses affaires, 

quand elle voudra filer.  


De merveilleux habilles, 

Je la ferai filer, 

Aussi bien que mes filles, 

Je te la soignerai, 


Quand le brave Artinett, 

eut les talons tourné, 

Dut s'habiller de serge, 

et les pourceaux garder. 


A gardé sept années 

sans rire ni pleurer; 

Au bout de la mêlée, 

elle s'est mise à chanter. 


Artinett est à la nage, 

l'a entendue chanter : 

« Oh, page, mon beau page, 

entends-tu bien chanter ? 


Semble que c'est ma mie, 

et la faut retrouver. » 

A traversé fouillis, 

la mer a trépassé. 


Quand fut dans le bocage, 

la porchère a trouvé : 

« Bonjour, la porcherage, 

pour qui dois-tu garder ? 


Pour le Sire de naguère, 

qu'est par delà les marées: 

Là sept ans qu'est en guerre, 

n'en entend plus parler. 


— Dis-moi, la porcheronne, 

donne-moi ton goûter ? 

— Nenni, mon gentilhomme, 

n'en sauriez pas manger; 


N'est que de pain d'avoine 

pour les chiens lévriers. 

— Dis-moi, la porcheronne, 

veux-tu pas t'en aller ? 


— Devant, mon gentilhomme, 

que je m'en puisse aller, 

Mes sept fuseaux de soie 

sont encore à filer, 


Et mon fagot de vernes 

est encore à couper. » 

Il tire son épée, 

son fagot a coupé : 


— Dis-moi, la porcheronne, 

où irai-je loger ? 

— Au château de la baronne, 

pourrez vous arrêter. 


— Bonsoir, dame l'hôtesse, 

me voudriez-vous loger ? 

— Oui-dà, mon gentilhomme, 

il y a de quoi manger. 


Il y a perdrix bien tendres, 

chapons entrelardés, 

Et une belle chambre, 

Monsieur, pour vous coucher. » 


Quand ce fut la vesprée, 

qu'il se fallut barrer : 

« Suis-moi, dit l'invité, 

et viens donc te chauffer. 


— Nenni, mon gentilhomme, 

n'ai point accoutumé; 

Je me chauffe à l'étable 

avec les chiens lévriers. 


— Viens donc, la porcheronne, 

viens avec moi souper. » 

En se mettant à table, 

elle ne fait que pleurer : 


Y a bien sept années, 

qu'à table n'ai mangé, 

Et bien autant encore 

que mes mains n'ai lavées. 


— Or dites-moi , l'hôtesse, 

avec qui coucherai ? 

— Prenez la porcheronne, 

Monsieur, si vous la voulez. » 


La prend par sa main blanche, 

en chambre l'a menée. 

Quand ils furent sur la planche, 

la porchère a crié : 


« Artinett, mon coeur 

qu'est delà la marée, 

Si tu ne viens à l'heure, 

me va déshonorer ! » 


Met son cœur en fenêtre 

en bas se veut jeter : 

Ne craignez point, pernette, 

à Artinett vous parlez. 


Où sont les bagues d'or 

que je vous ai baillées, 

De sept ans, à la guerre 

quand je m'en suis allé ? 


— Votre ingrate mère, 

elle me les a ôtées; 

Votre sœur la plus grande, 

les a toujours portées. 


— Où sont les belles robes 

que je vous ai baillées, 

De sept ans, à la guerre 

quand je m'en suis allé ? 


— Votre ingrate mère, 

elle me les a ôtées; 

Votre sœur la cadette, 

les a toujours portées. » 


Lendemain, de bonne heure, 

d'en-bas s'entend crier : 

Lève-toi, porcheronne, 

viens les pourceaux larguer ! 


— Si vous n'étiez ma mère, 

vous ferais pendouiller, 

A votre tour, ma mère, 

pourceaux vous garderez.  

La fille de Lune-d'Argent 


Père, mon cher Père, voici les fêtes d'été ? 

Car vous voici déguisé en combattant 

Père, mon cher Père, dîtes-moi si plaisantez 

Ou faîtes boutade aux tout-petits enfants, 

Ou faîtes boutade aux tout-petits enfants. 


Non, mon enfant, je pars pour la Patrie, 

C'est un devoir où les parents s'en vont. 

Embrassez-moi, ma chère, ma fille chérie, 

Je rentrerai bien vite à la maison, 

Je rentrerai bien vite à la maison. 


Mère, ma chère mère, pourquoi cette robe noire, 

Et cette lettre qu'apporte le messager ? 

Mère, ma chère mère, semblez en désespoir, 

Auraient-t-ils tué mon cher Père adoré ? 

Auraient-t-ils tué mon cher Père adoré ? 


Oui, mon enfant, ils ont tué votre père, 

Pleurons ensemble, car nous les haïssons. 

Quelle guerre atroce qui fait pleurer les mères 

Et tue les pères des petits anges blonds, 

Et tue les pères des petits anges blonds. 


La neige tombe aux portes de la cité, 

Enfant assise, sur les ruines de Lune-d'Argent. 

Atteinte de fièvre, et bien peu habillée, 

Elle reste là malgré le froid, le vent, 

Elle reste là malgré le froid, le vent. 


Un homme passe, à la fillette donne. 

Elle reconnaît là un chevalier de sang, 

Elle refuse le mana qu'on lui donne. 

Au nouveau traître, elle dit bien fièrement, 

Au nouveau traître, elle dit bien fièrement. 


Gardez votre drogue, je garde ma décence, 

Serviteur fou, passez votre chemin. 

Car de vos actes, je suis la conséquence, 

Aux tourmenteurs, je ne tends point la main, 

Aux tourmenteurs, je ne tends point la main. 


Tout en priant dans notre cathédrale, 

Ma mère est morte sous un porche écroulé, 

Frappée à mort par l'arrivée du mal. 

Votre soustraction à la suzeraineté, 

Votre soustraction à la suzeraineté. 


Mon père est mort sur vos champs de bataille, 

Je n'ai point vu l'ombre de son cercueil. 

Frappé à mort par l'arrivée du mal, 

C'est la raison de ma robe de deuil, 

C'est la raison de ma robe de deuil. 


Vous avez eu divinité draeneï, 

Vous avez eu des centaines d'aliénés, 

Vous avez eu le peuple quel'dorei, 

Mais mon petit coeur, jamais vous ne l'aurez, 

Et pour toujours, mes yeux seront bleutés!

Le roi Al'raud


Le roi Al'raud... de guerre revint, 

Portant sa vie au creux de ses mains, 

Sa mère était sur le crénaud...  

Et vit venir son fils Al'raud, 


Al'raud, Al'raud, réjouissez, 

Votre femme accouche d'un héritier... 


Hélas, je souhaitais l'éduquer, 

L'amour du peuple... lui enseigner. 

Allez, ma mère, allez devant, 

Veuillez me faire un beau lit blanc, 


Guère de temps n'y resterai, 

A la minuit, trépasserai, 

Mais faîtes-le faire ici bas, 

Que l'accouchée n'entende pas, 


Et quand ce vint sur la minuit... 

Le roi Al'raud rendit l'esprit. 


Il ne fut point le matin jour, 

Que les valets pleuraient toujours. 

Il ne fut tant de déjeuner, 

Que les servantes ont pleuré. 


Ah, dîtes-moi, mère, ma mie, 

Que pleurent nos valets ici ? 

Ma fille, en baignant nos chevaux, 

Ont laissé aller le plus beau. 


Mais pourquoi donc, mère, ma mie, 

Pour un cheval pleurer ainsi ? 

Quand le Roi Al'raud reviendra... 

Plus beaux chevaux ramènera. 


Ah, dîtes-moi, mère, ma mie, 

Que pleurent nos servantes ici ? 

Ma fille, en lavant les linceuls, 

Ont laissé aller le plus neuf. 


Mais pourquoi donc, mère, ma mie, 

Pour un linceul pleurer ainsi ? 

Quand le roi Al'raud reviendra... 

Plus beaux linceuls on brodera. 


Mais quand elle fut dans l'église entrée, 

Le cierge on lui a présenté, 

Apperçut en s'agenouillant, 

La terre fraîche sous son banc. 


Ah, dîtes-moi, mère, ma mie,

Pourquoi la terre est raffraichie ?

Ma fille, ne puis plus le celer,

Al'raud est mort et enterré.


Al'raud, Al'raud, mon réconfort,

Vous voilà donc au rang, des morts,

Prenez mes bagues, prenez mes joyaux,

Prenez bien soin du fils Al'raud.


Terre, ouvre-toi, terre, fend-toi,

Que j'aille avec Al'raud, mon roi,

Terre s'ouvrit, terre fendit,

Et ci fut la belle engloutie...

Tas'aielsë Aen'sael : L'art de vivre, de guerroyer et de mourir Modifier


Thalassiens, sachez qui point ne s'en ira Modifier

Thalassiens, sachez : qui point ne s'en ira, 

En cette terre où les justes furent bannis,

Et qui le bleu étendard ne brandira, 

A dure peine retrouvera ses acquis, 

Qui a en soi pitié ou souvenance, 

Aux moult traîtres doit opposer sa lance, 

Et délivrer sa terre et son pays... 


Tous les mauvais à l'abris du trépas, 

Qui nos ancêtres n'honorent, ni ne prient. 

Et chacun dit : "Mon enfant que fera ? 

Le laisserai à nul, fut-il ami", 

Serait tomber en bien trop folle errance; 

Il n'est d'amis hors celui, sans doutance, 

Qui pour nous en vraie bannière fut mit... 


Or, s'en iront ces vaillants chevaliers, 

Qui bien hardis et patriotes au long, 

Et sagement veulent la paix retrouver, 

Quand les morveux, les cendreux demeureront. 

Aveugle sont, de ce, ne doute mie, 

Qui n'aide son peuple, une fois en sa vie, 

Et pour si peu perd la gloire du monde.  

Chacun espère demeurer entier, 

Et que jamais ne doive douleur avoir, 

Ainsi les tient ennemis et dépravés, 

Ils n'ont ni sens, ni ardeur, ni pouvoir, 

Beaux Sires et Dames, ôtons-leur ces pensées, 

Et plaçons nous en la nôtre contrée, 

Si saintement que nous nous puissions voir... 


Douce demoiselle, princesse des mille fleurs, 

Priez pour nous, Vierge bienheureuse, 

Et puis après, nul n'entravera nos cœurs...  

L'épousée du lancier Modifier

Monseigneur sa noble éminence, 

A pour les combats meurtriers, 

Animé jusqu'à deux-cent lances, 

Pour former une troupe de sens, 

L'arrière-ban de ses guerriers.  

Ce sont des héros dont les armes, 

Ornent des forts ceins d'un fossé, 

Des preux vieillis dans les alarmes, 

Des écuyers et des gens-d'armes, 

L'un d'entre eux est mon épousé,  

Il est parti défendre la fontaine, 

Comme hallebardier et pourtant, 

On le prend pour un capitaine, 

Rien qu'à voir sa mine hautaine, 

Et son pourpoint d'or éclatant,  

J'ai dit à noter évêque Messire, 

Priez bien pour tous nos soldats, 

Et comme on sait qu'il le désire, 

J'ai brûlé trois cierges de cire, 

Sur l'autel du Grand Sanalia.

Il doit aujourd'hui de la guerre, 

Revenir avec Monseigneur, 

Ce n'est plus un amant vulgaire, 

Je lève un front baissé naguère, 

Et mon orgueil est du bonheur,  

Aelwyn triomphant nous rapporte, 

Son drapeau dans les camps froissés, 

Venez tous sous la vieille porte, 

Voir passer la brillante escorte, 

Et le Prince et mon épousé,  

Mes sœurs à vous parer si lentes, 

Venez voir près de mon vainqueur, 

Ses timbales étincelantes, 

Qui sous sa main toujours tremblante, 

Sonnent et font bondir le cœur,  

Venez surtout le voir lui-même, 

Sous le manteau que j'ai brodé, 

Qu'il sera beau c'est lui que j'aime, 

Il porte comme un diadème, 

Son casque de crin inondé,  

Sur deux rangs le cortège ondoie, 

D'abord cavaliers au pas lourd, 

Puis sous l'étendard qu'on déploie, 

Puissants mages en robe de soie, 

Avec leurs toques de velours

Voici les chasubles des prêtres, 

Les hérauts sur un blanc coursier, 

Tous en souvenir des ancêtres, 

Portent l'écusson de leur maître, 

Peint sur leurs corselets d'acier,  

Admirez l'armure en titane, 

Des boucliers craints de l'enfer, 

Puis sous la longue pertuisane, 

Les forestiers aux flèches d'arcanes, 

Vêtus de buffle, armés de fer,  

Le Roy n'est pas loin ses bannières, 

Flottent parmi ses chevaliers, 

Quelques enseignes prisonnières, 

Honteuses passent les dernières, 

Mes sœurs voici nos beaux lanciers,  

Elle dit et sa vue errante, 

Plonge dans les rangs serrés, 

Puis dans la foule indifférente, 

Elle tombe froide et mourante, 

Tous les lanciers étaient passés.

La bravoure de l'écuyerModifier

Nous étions la dizaine, 

Et servions roi et reine, 

Tous habillés d'azur, 

Et approchions des murs, 


La première batterie, 

Que je fis dans ma vie, 

C'est d'avoir cotoyé, 

Mon maître sur le Sentier. 


Semblais indifférent, 

Beau, brave et insouciant,

A la réalité, 

Fut tout mon corps tremblé. 


Là où pleuvaient les flèches, 

J'entrais dans la Malebrèche, 

Et vis mon Sire tomber, 

Fut bientôt relevé. 


La guerre était finie, 

Corps et âme endurcis, 

Devenu chevalier, 

Chef de ma maisonnée. 


Mon don à Miel-de-nuit, 

Porta enfin ses fruits, 

Fus-je ainsi enrôlé, 

Dans l'élite de l'armée. 


Accompagnant la reine, 

Dans toutes les mises en scènes. 

Accompagnant le roi, 

Dans tous les auditoys. 


A ma belle unité, 

Je dus me dévouer, 

Et en bon chevalier, 

Je fis le voeu sacré. 


Mis terme à la ripaille, 

Et à la boustifaille, 

Finies, les cajoleries, 

Même auprès de ma Mie. 


Et c'est Sa Majesté, 

Qui m'eut enfin appelé, 

Partir défier les traîtres, 

Et enfin venger Maître. 


Nous étions la dizaine, 

Et servions roi et reine, 

Tous habillés d'azur, 

Et approchions des murs, 


Un merveilleux châtelet, 

Se dressera plus jamais, 

Etait sans aucun doute, 

Autrefois lieu de joutes. 


Silence complet régnait, 

Et cela, peu nous chalait, 

Seuls comptaient nos épées, 

Et les ordres donnés. 


Entrions dans un couloir, 

Il y a faisait si noir, 

Mais cela, en aucun cas, 

Ne nous faisait effroi. 


Alors avancions, 

Et sans hésitation, 

Vers notre destinée : 

Une nappe à traverser. 


Tout en suivant les ordres, 

Nous amenions les coffres, 

A bord des maigres barques, 

De notre peuple est la marque. 


Arrivions dans une salle, 

Dévorée par le mal, 

Squelettes à profusion :  

Terrible profanation. 


Seigneur ouvra une boîte, 

Et mes mains devinrent moîtes, 

Ce que j'y vus dedans, 

Restera dans le vent. 


Se firent entendre des cris, 

Avions été suivis, 

Probablement trahis, 

Ou encore ahuris. 


Et vint l'armée sanglante, 

De la salle, envahissante, 

Encerclèrent compagnons, 

Et dûmes faire le schiltron. 


Nous étions la dizaine, 

Et servions roi et reine, 

Tous habillés d'azur, 

Et eux, de lourdes armures. 


Combat dura une heure, 

Et épuisa les leurs, 

Dans leurs rouges carapaces, 

Indignes de notre race. 


Et nous fallut faiblir,

Sans oublier le Sire,

Survivant des lanciers,

Prêt à me sacrifier,


Un vieux Sire dévoua, 

Et tous les coffres brûla, 

Les oracles incantèrent, 

Le retour sur nos terres. 


Alors, le brave vieillard, 

Chargea d'une force rare, 

Sur les odieux bagauds, 

Il tomba en héros. 


Ne sommes plus la dizaine, 

Mais servons roi et reine, 

Car même la pire déboire, 

Ne dispense du devoir. 


Et fut bientôt mon tour,

Escortais un beau jour,

La belle et jeune princesse,

A sa journalière messe,


Marchions dans les longs bois,

De la forêt du Roy,

Ne nous attendions point,

A voir fuser au loin.


Cinq brigands ne firent poids,

Et j'en pourfendai trois,

Quand quatrième s'enfuit,

Cinquième chargea fusil.


Et une bille en sortit,

M'écrouler, elle me fit,

Avant que vienne la mort,

Lui lancai ma claymore.


Adieu, le renégat,

Verrons dans l'au-delà,

Adieu, belle princesse,

Est l'heure de votre messe.


N'ai besoin que d'un Tan'diel Modifier

Quand viennent les dépravés, 

Sur l'île aux fleurs de miel, 

N'ai point besoin d'armée, 

Mais seulement d'un Tan'diel. 


Avancent les rouge guerriers,

Sur la terre des merveilles, 

N'ai point besoin d'armée, 

Seulement de nos abeilles. 


Foulent nos chères forêts, 

De leurs solerets sanglants, 

N'ai point besoin d'armée, 

Seulement d'un guerroyant.


Arpentent nos belles contrées, 

Avides d'une triste guerre, 

N'ai point besoin d'armée, 

Seulement d'une forestière. 


Pour chasser mécréants, 

Protéger l'arc-en-ciel, 

Ne désire régiment, 

Mais seulement un Tan'diel.  


La grande marche Modifier

La grande marche va commencer, à sa tête, le grand Haut-Soleil,

Trouver la terre où s'installer, trouver la terre où soif étancher,

La grande marche va commencer, la grande marche vers les merveilles,

Tout en priant les divinités, pensons déjà à les renier,


La grande marche a commencé, la grande marche sous le Soleil,

Droit devant nous, futur seigneur, droit derrière nous, ces corps inertes.

La grande marche a commencé, la grande marche sous ce jaune ciel,

Plus ne comptons nos maintes pas, plus ne comptons nos maintes pertes.


La grande marche est terminée, la grande marche des Quel'doreis,

Plus ne voyons anciens alliés, mais seulement nos peaux qui diffèrent,

La grande marche est terminée, la grande marche vers le grand éveil,

Qui nous étions, et qui nous sommes, jamais plus ne fera la pair.

Le jeu de l'intrigue Modifier

Mignonne, ma fille, à un jeu vous allez jouer, 

Bien différent de ceux que vous connaissez, 

Terme à l'enfance, terme à l'ingénuité, 

L'heure n'est plus à la poupée, à jouailler, 

L'heure n'est plus à la poupée, à jouailler. 


Mignonne, ma fille, à la forêt vous partez, 

Bien différente de celle que vous connaissez, 

Terme au trivial, terme à l'accoutumé, 

L'heure n'est plus guère à se promenailler, 

L'heure n'est plus guère à se promenailler. 


Mignonne, ma fille, notre peuple vous rallierez, 

Bien différents de qu'eussiez cotoyé, 

Terme à l'impair, terme à l'échappée, 

L'heure n'est plus guère à philosophailler, 

L'heure n'est plus guère à philosophailler. 


Mignonne, ma fille, orphelins vous abriterez, 

Nourrirez, soignerez et aimerez, 

Terme à l'ébauche, terme à la connexité, 

L'heure n'est plus guère à se boustifailler,  

L'heure n'est plus guère à se boustifailler. 


Mignonne, ma fille, de vos ennemis vous garderez, 

Et par deux fois, de vos alliés vous méfiererez, 

Terme à l'axiome, terme à la netteté, 

L'heure n'est plus guère à politicailler, 

L'heure n'est plus guère à politicailler. 


Halte là !


Un oiseau noir a plané sur la ville, 

Il a juré de relever nos aieux, 

De Tranquillien jusqu'à la côte d'Idylle, 

Dans les forêts et dans les chemins creux. 


Mais tout à coup, le cor guerrier claironne, 

Armes à la main, debout nobles soldats, 

Le soleil brille, partout le clairon tonne, 

Fières abeilles, voici le grand combat !  


Et Miel-de-nuit, la merveilleuse, 

Pousse un cri que portent là bas, 

Le échos des mers impétueuses :  

Halte-là, vous ne passerez pas !  


Abominations, et répugnances, 

Fuyez, infâmes laquais, 

Ici est la grande résistance, 

Et vous ne passerez jamais. 


Et les impies s'avancent avec rage, 

Enorme flot, d'un vivant océan, 

Semant la mort partout sur son passage, 

Ivres de chancre, de carnage et de sang, 


Ils vont passer quand relevant la tête,

Les braves vougiers, dans un suprème effort,

Quoique mutilés, rallient les estafettes,

Et leur tumulte effraye même la mort.


Et Miel-de-nuit, la merveilleuse,

Pousse un cri que portent là bas,

Le échos des mers impétueuses : 

Halte-là, vous ne passerez pas ! 


Abominations, et répugnances, 

Fuyez, infâmes laquais, 

Ici est la grande résistance, 

Et vous ne passerez jamais. 


Mais nos enfants, dans un élan sublime, 

Se sont dressés et le blasphématoire, 

La rage au coeur, impuissant dans son crime, 

Vit disparaître son suprème espoir, 


Les vils corbeaux devant l'âpre barrière, 

Tombent sanglants, c'est le dernier combat, 

Pendant que nous remercions la Lumière, 

Les assassins fuient devant les soldats. 


Et Miel-de-nuit, la merveilleuse, 

Pousse un cri que portent là bas, 

Le échos des mers impétueuses :  

Halte-là, vous ne passerez pas !  


Abominations, et répugnances, 

Fuyez, infâmes laquais, 

Ici est la grande résistance, 

Et vous ne passerez jamais. 



Les mille et une poupées Modifier

Sur les douces côtes de Miel-de-nuit, dans les douces terres de Miel-de-nuit, 

Sur les douces côtes de Miel-de-nuit, se trouve un fastueux réduit 


Dans la gloriette des côtes d'idylle, dans la gloriette des côtes d'idylle, 

Dans la gloriette des côtes d'idylle, se trouve un bardeau de style 


Sur l'étagère de la beauté, sur l'étagère de la beauté, 

Sur l'étagère de la beauté, se trouve une vétusté  


Dix, cent ou mille poupées historiées, dix, cents ou mille poupées historiées, 

Dix, cent ou mille poupées historiées, sur le bois affectées 


D'argent et d'ambre, ou de bois orné, d'argent et d'ambre, ou de bois orné, 

D'argent et d'ambre, ou de bois orné, un phantasme enchanté 


Parures, étoupes, que d'or tressées, parures, étoupes, que d'or tressées, 

Parures, étoupes, que d'or tressées, immense perspicuité 


Prunelles d'ivoir, iris de saphir, prunelles d'ivoir, iris de saphir, 

Prunelles d'ivoir, iris de saphir, hédonisme assouvir 


Tant de beauté et de luxuriance, tant de beauté et de luxuriance, 

tant de beauté et de luxuriance qu'on adirerait conscience 


Ainsi soit-t-il, ainsi soient-t-elles, ainsi soit-t-il, ainsi soient-t-elles, 

Ainsi soit-t-il, ainsi soient-t-elles, les mille marmousettes 


Continentaux, jamais ne sauront, continentaux, jamais ne sauront, 

Continentaux, jamais ne sauront secret de l'illusion...